Après la réunion-débat du 4 mai 2010
Sur le thème
Egalité d’accès aux soins : Mythe ou
Réalité
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Les constats
1 – La salle du Conseil était pleine (une centaine de personnes), ce qui prouve une sensibilité certaine de la population locale à la question posée. Le collectif
avait largement invité : élus, professionnels de santé, associations d’usagers du CHPC, organisations syndicales, politiques, associatives … et bien sûr l’ensemble des citoyen/ne/s.par
le biais des médias locaux qui ont bien repris nos communiqués. Merci à eux. Un certain nombre d’élus nous ont fait savoir qu’ils regrettaient vivement de ne pouvoir participer au débat : M.
Coquelin, maire de Valognes et son conseil municipal, Bernard Cazeneuve qui invite le collectif à le rencontrer, Jean-Pierre Godefroy, membre de la commission des affaires sociales du Sénat,
Jean-Karl Deschamps, 1er vice-président du Conseil Régional, Frédéric Bastian, maire-adjoint à la cohésion sociale.
2 – L’inégalité d’accès aux soins est une réalité confirmée, en dépit des principes affirmés et réaffirmés depuis … 1789, ainsi que l’ont bien montré le Dr. Marc Bienvenu (cf. en pj ,
l’article de la Presse de la Manche du 6 mai), et après lui Philippe Thiennette (UFC Que choisir) et Georges Mautalent, syndicaliste très investi dans les questions d’action
sociale*.
3 – Pas une voix ne s’est élevée pour voler au secours de la loi
Bachelot qui, selon la présentation flatteuse, mais trompeuse, qui en est
faite « a pour objet d’optimiser l’accès de tous à des soins de qualité sur l’ensemble du
territoire » (fiche 25 du Support pédagogique de la loi HPST édité par le Ministère de la
santé et des sports – Titre II : l’amélioration de l’accès à des soins de
qualité.
En fait, les précautions, les verrous prévus dans le texte initial de la loi concernant l’accès aux soins, la liberté
d’installation des professionnels de santé, la limitation des dépassements d’honoraires, ont disparu de la rédaction finale. Dans bien des cas, le patient n’aura plus le choix entre secteur
public et secteur privé, et il risque fort, s’il doit passer par un établissement privé commercial, de devoir payer … le prix fort ! La logique de la loi reste la prime au privé qui
s’attribuera … les opérations rentables !
4 – Dans le « marché libéral » qu’est devenu la santé, la détresse du malade peut être due à la
méconnaissance qu’il a de la réglementation, de ses droits et des recours possibles. Les
pratiques abusives de la part du corps médical (avances sur frais, dessous de table, dépassements d’honoraires en fonction de la mutuelle du patient …) ne sont pas fréquentes dans la région, mais
elles existent ainsi qu’en a témoigné un accidenté du travail, qui, avec une pension d’invalidité de 685 € par mois, a dit son désarroi et son impuissance : « Toutes les portes se
ferment » !
Sans doute ne faut-il pas hésiter à contacter les associations d’usagers, de consommateurs, ou l’ordre des médecins
pour faire cesser des abus. Rien n’est plus vrai … en théorie, mais pas toujours facilement applicable … en réalité. Cela pose toute une série de questions dont le collectif devra s’emparer
!
II – Quelques réflexions
pour demain …
Constats et débat ont confirmé le bien-fondé des orientations du collectif. Trois nécessités se font
jour.
1 – Continuer à Informer et à s’informer. Contribuer à une meilleure information du public en matière de réglementation, de droits, de recours possibles est assurément
souhaitable. Comment procéder mérite un examen approfondi ; notre blog pourrait-il être mis à contribution ?
Mais au-delà de cet aspect pratique, la connaissance des véritables objectifs de la loi Bachelot, des ARS qui en sont
la pièce maîtresse, et de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) qui sous-tend le tout est aussi une nécessité pour cibler nos actions futures ; cela implique, entre autres, de
nouvelles réunions publiques à thème.
2 – Organiser la riposte, la mobilisation pour que la couverture médicale soit assurée sur tout le territoire conformément à la Loi n°2004-810 du 13 août 2004 qui stipule,
article L111-2-1 du code de la sécurité sociale, « L’Etat, qui définit les
objectifs de la politique de santé, garantit l’accès effectif des assurés aux soins sur l’ensemble du territoire ». La
question a été posée de savoir si, au-delà de la vigilance, il ne fallait pas exiger que cette garantie soit effectivement respectée, la mise en
danger de la vie d’autrui pour non application de la loi pouvant conduire à l’action en justice.
L’accent a été mis dans la 3ème partie du débat sur l’importance de la réactivité de la population qui
doit « prendre [ses] affaires en main » Vaste programme … qui attend le Collectif !
3 – Renforcer le Collectif. Il s’agit d’une évidente nécessité à la lecture de ce qui précède. Là encore un certain nombre de questions se posent … au
Collectif dans son ensemble et à la future équipe d’animation en particulier.
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Le Collectif doit-il promouvoir à ses côtés un Comité Exigence Santé qui regrouperait citoyens, élus, usagers, professionnels de santé, responsables associatifs, politiques, syndicaux … ?
C’est tout l’enjeu de notre prochaine réunion …
Prochaine réunion du Collectif mardi 1er juin à 20
heures
Au Petit Parapluie –Rue Louis XVI – Près du centre culturel
Ordre du jour :
Bilan et perspectives …
Le coordinateur : Roger Forget
*En complément de leur démonstration on pourra se reporter, entre autres, au dossier de Que choisir (n° 481 - mai
2010) Cliniques privées : La facture dépasse les bornes ou à l’article du Nouvel Observateur (20-26 mai 2010) : Quand la
santé devient un luxe.